JULIEN MONNIER
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Déclaration de succession : ce que vous risquez en cas de retard

Lorsqu'un proche décède, les héritiers doivent accomplir de nombreuses démarches. Parmi elles, le dépôt de la déclaration de succession auprès de l'Administration fiscale est souvent mal connu. Et pourtant, le négliger peut coûter très cher.

Un délai légal à respecter absolument

Sur le plan fiscal, les héritiers disposent de 6 mois à compter du décès pour déposer la déclaration de succession et régler les droits correspondants. Ce délai est porté à 12 mois lorsque le décès est survenu à l'étranger.

Ce délai est strict. Passé ce cap, les pénalités s'accumulent automatiquement sans qu'il soit nécessaire que l'Administration envoie le moindre avertissement.

Les pénalités de retard

À l'expiration du délai légal, l'Administration fiscale applique automatiquement des intérêts de retard de 0,20 % par mois sur les droits de succession dus. Ces intérêts courent sans interruption jusqu'au dépôt effectif de la déclaration et au paiement des droits de succession.

À partir du 13ème mois : une première majoration

Au-delà de douze mois suivant le décès (soit six mois après l'expiration du délai légal si le décès a eu lieu en France), une majoration de 10 % s'ajoute aux droits dus, en plus des intérêts de retard qui continuent de courir.

En cas de mise en demeure : une nouvelle majoration

Si la déclaration n'est toujours pas déposée, l'Administration peut adresser aux héritiers une mise en demeure de régulariser leur situation dans un délai de 90 jours. Faute de dépôt dans ce délai, la majoration grimpe à 40 % des droits de succession.

Ne pas confondre : délai fiscal et liquidation de la succession

Il est important de souligner que ces délais sont purement fiscaux. Ils concernent uniquement l'obligation de déclarer et de payer les droits de succession à l'Administration.

Il n'existe en revanche aucun délai légal pour liquider et partager la succession entre les héritiers. Les biens peuvent rester en indivision aussi longtemps que les parties le souhaitent (ou le subissent).

C'est là que la situation peut devenir particulièrement délicate. Lorsque les ayants droit ne parviennent pas à un accord sur le partage des biens, il faut saisir le tribunal judiciaire, qui peut désigner un notaire expert chargé d'établir les comptes et de proposer un projet de partage.

Cette procédure judiciaire peut durer plusieurs années.

Et pendant tout ce temps, les intérêts de retard et les majorations fiscales, eux, continuent de s'appliquer sans attendre l'issue du litige familial.

Déposer la déclaration de succession rapidement, même en l'absence d'accord sur le partage, permet de stopper le compteur des pénalités fiscales et d'éviter que le coût du conflit familial ne s'alourdit inutilement.

Seul le désaccord sur les valeurs créé une véritable situation de blocage et la saisine du tribunal judiciaire en devient d’autant plus importante.

Si vous êtes confronté à une succession complexe ou à un désaccord entre héritiers, n'hésitez pas à nous contacter pour un premier échange.


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